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XV

DÉCEPTIONS DE PARME



J’arrive. Et tout me déçoit. De tout ce que je cherche à Parme, ne trouvant rien, c’est à peine si je m’y retrouve.

J’erre en vain dans la chaleur sèche qui crie. Je tourne sous un soleil dur et fixe. Le jour est blanc comme l’acier. Le pavé brûle. — Où est la Chartreuse ? On me rit au nez : — Quelle Chartreuse ? On ne connaît pas de Chartreuse ; les ordres religieux sont dispersés. — Hé, il s’agit bien de moines ! Je sais que ma Chartreuse n’est point ici ; mais la Tour, où est la tour ? — Il n’y a point de tour ; point de palais Contarini. — Au diable ! il n’y a donc plus de Parme ? Via !

La ville est chaude, large, l’air solide et riche. Les gens sont bruyants, lourds, le geste épais, le ton grossier ; ils rient fort ; ils parlent en bâfrant l’air ; ils doivent manger goulûment. Beaucoup d’hommes à la figure rouge, les cheveux drus, de grosses moustaches. Les femmes n’ont pas l’allure vive, moins longues