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Page:Andre Suares Voyage du Condottiere Vers Venise, 1910.djvu/67

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ix

TEMPLE DES BOUFFONS


Milan, hors la porte Volta.



De tous les lieux où rampe la fourmi humaine, il n’en est pas beaucoup où l’on puisse froncer le sourcil avec plus de dégoût, que dans le faubourg où je me mis à errer, ce jour-là.

Il est, aux portes de Milan, un théâtre monumental qui donne, soir et matin, les émotions du drame au peuple ; et d’ailleurs, quand c’est son tour d’y paraître, chacun joue son rôle dans la tragédie, et plus d’un devance le temps, parfois.

Une réunion de gens, comme à la foire, et où ne manquent même pas les bêtes, frappe d’abord la vue. Cette assemblée gesticulait étrangement ; la mimique était solennelle. Tous ces pauvres acteurs avaient endossé leurs habits du dimanche. Comme il y avait des vieillards en grand nombre, et beaucoup de petits enfants, toutes les modes se coudoyaient sur l’immense scène.