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POUSSIÈRES


Entre Padoue et Este.



Non loin de la lourde Padoue, c’était la campagne au flanc des collines : elles sont posées isolément dans le plat pays que dore l’été, comme sur une table de portor, que varie le tapis des céréales. Et la solitude les fait paraître grandes. On les appelle les Monts Euganéens ; et, nobles de nom, ces collines ont l’air de noblesse. S’il y a des troupeaux, la laine doit être fine. Cônes boisés, cônes tronqués, mîtres, Ormuz et Ahriman ont laissé ici leurs tiares. Où la roche se montre, chaude et tigrée, on dirait du porphyre. Là est Abano, où, peut-être, Tite-Live est né, pour ouvrir à Rome une voie toute faite d’arcs de triomphe. Et là, Arqua, un bourg où Pétrarque est mort désabusé, dans une telle paix que l’horizon en semble méditer, depuis, la résignation pieuse et la religieuse sérénité.

J’ai fui la ville poudreuse, que le soleil dessèche. Depuis que j’ai quitté l’Occident, je n’ai plus vu d’arbres. Je crains l’ivresse