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Page:Anatole Leroy-Beaulieu - Empire des Tsars, tome 3, Hachette, 1889.djvu/160

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De même que le baptême et l’eucharistie, la plupart des sacrements offrent, dans les deux Églises, des différences notables. La confirmation, par exemple, est bien, par les orthodoxes, considérée comme un sacrement, un mystère ; mais elle n’a, chez eux, ni le même nom, ni le même rite, ni le même ministre, ni tout à fait le même sens. On l’appelle le sacrement du saint-chrême, et, au lieu de l’évêque, c’est un prêtre qui l’administre, non point après la première communion, comme en France, mais, selon l’usage de l’antiquité chrétienne, immédiatement après le baptême. C’est le sceau dont l’Église marque ses membres, la mystique sphragis qui, par le don de l’Esprit, les corrobore dans la foi. Ici, par exception, les Orientaux ont abandonné le rite apostolique de l’imposition des mains, lui substituant une onction sur différentes parties de la tête et du corps. Si le sacrement est administré par un simple prêtre, la consécration du saint chrême appartient aux évêques. C’est, dans toutes les Églises orthodoxes, une cérémonie d’une grande solennité, d’ordinaire réservée à la métropole religieuse. En Russie, le saint chrême est, pour tout l’empire, préparé à Moscou, durant le carême, dans l’ancienne sacristie patriarcale du Kremlin. On n’y emploie que des chaudières et des vases d’argent. Il y entre, non seulement de l’huile, mais du vin, des herbes, des aromates, des ingrédients de toute sorte, auxquels on attache une valeur symbolique.

L’autre sacrement de l’onction, l’extrême-onction des Latins, n’a également, chez les orthodoxes, ni le même nom, ni tout à fait le même emploi. Les Russes l’appellent soborovanie, ce qui, d’après l’étymologie, veut dire assemblée, réunion[1]. Au lieu d’être conféré par un seul prêtre, il l’est, d’ordinaire, par plusieurs, par sept s’il est possible, ce que les Grecs disent plus conforme au texte de l’épître de saint Jacques. L’Église gréco-russe voit dans ce mys-

    la communion est donnée, au moyen d’une cuiller d’or, où les parcelles du pain eucharistique flottent dans le vin consacré.

  1. De sobrat, « assembler », d’où sobor, « concile, église ».