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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/89

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Du droit civil, je veux que tu saches par cœur les beaux textes, et me les confères avec philosophie.

» Et quant à la connaissance des faits de nature, je veux que tu t’y adonnes curieusement ; qu’il n’y ait mer, rivière, ni fontaine, dont tu ne connaisses les poissons ; tous les oiseaux de l’air, tous les arbres, arbustes et plantes des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tout l’Orient et Midi, rien ne te soit inconnu.

» Puis soigneusement, revisite les livres des médecins grecs, arabes et latins, sans mépriser les talmudistes et cabalistes ; et par fréquentes anatomies (dissections) acquiers-toi parfaite connaissance de l’autre monde, qui est l’homme. Et, par quelques heures du jour, commence à visiter les saintes lettres. Premièrement, en grec, le Nouveau Testament et Épîtres des apôtres ; et puis, en hébreu, le Vieux Testament. Somme, que je voie un abîme de science. Car d’oresenavant que tu deviens homme et te fais grand, il te faudra sortir de cette tranquillité et repos d’étude, et apprendre la chevalerie et les armes, pour défendre ma maison, et secourir nos amis en toutes leurs affaires contre les assauts des malfaisants. Et veux que, de bref, tu essayes combien tu as profité ; ce que tu ne pourras mieux faire que tenant conclusions en tout savoir, publiquement envers tous et contre tous ; et hantant