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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/6

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AVANT-PROPOS


Mesdames et Messieurs,

Je veux tout d’abord vous exprimer ma reconnaissance, ma joie et ma fierté de l’accueil que j’ai reçu dans votre belle patrie. Les témoignages de votre faveur que vous m’avez tant prodigués dès ma venue parmi vous, je les reçois, je les accepte, parce que je ne les rapporte pas à moi qui ne suis rien, mais à ce que je représente : ce que vous avez accueilli en moi, c’est l’esprit français, frère du vôtre, c’est une langue, une littérature et des traditions, qui durant tant de siècles, dans notre vieille Europe, ma mère et la vôtre, ont été unies, associées, mêlées à votre langue, à votre littérature, à vos traditions, c’est le génie latin, c’est l’union intellectuelle des enfants de Molière et des héritiers de Cervantès. Frères et amis latins qui après