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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/38

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ce qui n’était pas pour déplaire à un humaniste, on y trouve du Térence. Le dénouement en est pris à l’admirable farce de Pathelin. Molière, pour son Médecin malgré lui, a puisé largement dans l’analyse donnée par Rabelais. Voici bien des siècles illustres de théâtre dans ce divertissement d’écoliers.

Parmi les plaisirs que prenait Rabelais en ses études de médecine, il faut compter ses promenades aux Iles d’Or, qu’on appelle aussi Stoechades et que nous nommons îles d’Hyères, que baigne la mer bleue, à cinq lieues de Toulon, toutes fleuries d’orangers, de vignes, d’oliviers, de chênes-lièges, de pins, de palmiers, et de lauriers-roses. Il se plaisait tellement en ces îles qu’il imagina plus tard de s’en dire le caloyer, titre religieux en usage parmi les Chrétiens d’Orient.

Promu au grade de bachelier, il fit, selon l’usage, un cours public et commenta les Aphorismes d’Hippocrate et l’Ars Parva de Gallien, et il quitta la Faculté sans y avoir obtenu le doctorat. Rabelais ne pouvait durer longtemps dans le même lieu.

Lyon l’attirait. Cette ville était, plus encore que Paris, la ville des imprimeurs. Les savants y affluaient, sûrs d’y trouver du travail et des relations. Il s’y rendit au commencement de l’année 1532. À partir de novembre de la même année, il exerça les fonctions de médecin de l’Hôtel-Dieu, à raison de quarante livres par an.