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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/27

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l’intérêt d’Aymery, rester longtemps éloigné de ceux dont le regret me consume, c’est-à-dire vous et notre cher Rabelais, le plus érudit de nos frères franciscains, d’un autre côté, pour revenir près de vous, ce qui, à ma grande joie, ne tardera guère, il faudra m’arracher aux délices d’Aymery. Mais je trouve une puissante consolation dans la pensée qu’en jouissant de l’un de vous deux, je jouis de l’autre, tant vous vous ressemblez par le caractère et par la science, et que ce même Rabelais, si diligent à remplir les devoirs de l’amitié, nous tiendra fréquemment compagnie par ses lettres, tant latines, dont la composition lui est très familière, que grecques, dans lesquelles il s’essaye depuis quelque temps… Je me réserve de vous en dire plus long quand nous pourrons à loisir reprendre nos assemblées sous notre bosquet de lauriers et nos promenades dans les allées de notre petit jardin. »

Il n’est pas surprenant que Rabelais, qui s’essayait en 1520 à écrire en grec des lettres familières, fût capable, quatre ans plus tard, de composer en cette langue des vers à l’imitation de Méléagre. Il célébra le De legibus connubialibus en une épigramme que, selon la coutume du temps, Tiraqueau fit imprimer en tête du livre, dans l’édition de 1524. En voici la traduction littérale :

« Voyant ce livre dans les demeures Élyséennes, hommes et femmes indistinctement diront : « Les