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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/226

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Tous les ouvrages posthumes du seizième siècle témoignent de cette infidélité. Il n’est pas surprenant qu’on en découvre des traces dans le cinquième livre, tel qu’il nous est parvenu. Ce qui, je l’avoue, est assez inquiétant, c’est le train que l’éditeur anonyme a placé en tête et que voici :

Rabelais est-il mort ? Voici encore un livre.
Non, sa meilleure part a repris ses esprits,
Pour nous faire présent de l’un de ses écrits
Qui le rend entre tous immortel et fait vivre.


c’est-à-dire, autant que je puis comprendre : Rabelais est mort, mais il a repris ses sens pour nous faire présent de ce livre. Il faut convenir qu’on n’annoncerait pas différemment un pastiche. Mais il faut compter avec la maladresse d’un mauvais rimeur ; et cela peut vouloir dire : Rabelais n’est pas mort, puisqu’il revit dans ce livre. En prolongeant cette discussion, nous n’arriverions qu’à accumuler les doutes. Abordons l’énigmatique ouvrage.