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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/199

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Voici maintenant la version plus libre de Rabelais :

« Épitherses, père de Æmilian rhéteur, naviguant de Grèce en Italie, dedans une nef chargée de diverses marchandises et plusieurs voyageurs, sur le soir, cessant le vent auprès des îles Échinades, lesquelles sont entre la Morée et Tunis, fut leur nef portée près de Paxes. Étant là abordée, quelques-uns des voyageurs dormant, d’autres veillant, d’autres buvant et soupant, fut de l’île de Paxes ouïe une voix de quelqu’un qui hautement appelait Thamoun. Auquel cri tous furent épouvantés, car Thamous était leur pilote, natif d’Égypte, mais non connu de nom, fors à quelques-uns des voyageurs. Fut secondement ouïe cette voix laquelle appelait Thamoun en cris horrifiques. Personne ne répondant, mais tous restant en silence et trépidation, en tierce fois, cette voix fut ouïe plus terrible que devant, dont advint que Thamous répondit : « Je suis ici. Que me demandes-tu ? Que veux-tu que je fasse ? » Lors fut cette voix plus hautement ouïe, lui disant et commandant, quand il serait en Palodes, publier et dire que Pan, le grand dieu, était mort. Cette parole entendue, disait Épitherses tous les nochers et voyageurs s’être ébahis et grandement effrayés. Et entre eux délibérant quel serait meilleur ou taire ou publier ce qui avait été commandé, Thamous dit son avis être, s’il advenait qu’ils eussent alors le vent en poupe,