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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/196

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Nous avons eu déjà occasion de citer ces paroles. En fait Épistémon ne confirme pas autant qu’il le prétend les opinions des Macréons et de Pantagruel sur la mort des démons et des héros. Les maux que causa, selon lui, dans la France, la perte de Guillaume du Bellay, ne ressemblent en rien à un tremblement de terre ou à la tempête où Panurge pensa mourir. Ce sont les maux nécessaires d’un royaume soudainement privé d’un de ses plus grands capitaines. Épistémon, ou plutôt Rabelais, exagère, peut-être (nous avons déjà eu l’occasion de le dire), les services rendus par Guillaume du Bellay au royaume, qui retrouva après lui de vaillants capitaines et d’habiles négociateurs. Mais Rabelais appartenait aux du Bellay. Il était allé en Piémont avec ce courageux et sage Guillaume, seigneur de Langey, qui ne l’avait pas oublié dans son testament. Il lui en témoigne une reconnaissance dont les marques devaient être immortelles.

Quant à ces rêveries sur les âmes des héros qui, disjointes de leur corps, troublent l’air et sèment la tempête, elles sont tirées de Plutarque, et le bon Pantagruel, lorsqu’il en raisonne, ne fait que traduire un passage du traité Des Oracles qui ont cessé.

En manière de conclusion, il affirme sa foi en l’immortalité des âmes :

— Je crois, dit-il, que toutes âmes intellectives