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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/173

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pieux paroissiens en la personne de monsieur et madame de Guise (le duc et le cardinal de Guise venaient d’acquérir le château de Meudon), marque du grand soin qu’il apportoit à faire sa charge et à se faire aimer de ceux dont son évesque lui avoit donné la direction spirituelle. »

Que Rabelais se soit acquitté avec décence et dévouement d’un ministère qu’il avait assumé, nous n’en doutons pas. Mais qu’il pût s’astreindre longtemps à des fonctions sédentaires, c’est ce que nient toute sa vie errante, vagabonde, curieuse, son âme insatiable de voir et de connaître. Il n’est pas sûr, quoi qu’en disent et Golletet et Leroy, il n’est pas sûr que cet homme de bien ait résidé très exactement dans sa cure, et, précisément, nous apprenons que, lors de la visite pastorale de son évêque, Eustache du Bellay, neveu du cardinal Jean, au mois de juin 1551, Pierre Richard, vicaire, et quatre des servants étaient présents en la paroisse de Meudon ; le curé absent.

Au reste, Rabelais, qui ne se fixait nulle part, ne demeura curé de Meudon que l’espace de deux ans moins quelques jours. Il résigna ses deux cures le 9 janvier 1552 nous ne savons pourquoi. La fin de sa vie, à laquelle nous touchons, est enveloppée d’une obscurité profonde.

Quelques jours après cette double résiliation paraissait pour la première fois en son intégrité le quatrième livre du Pantagruel. Les premiers