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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/172

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ses fonctions curiales avec beaucoup de dignité et de dévouement.

« Sa maison (à Meudon), au dire d’Antoine Leroy, son plus vieux biographe, interdite aux femmes, était ouverte aux savants, avec lesquels il aimait à s’entretenir. Il détestait l’ignorance, surtout chez les ecclésiastiques, et retrouvait, pour caractériser les prêtres illettrés, la verve satyrique de l’auteur de Pantagruel. Quos vocaret Isidis asellos. Du reste c’étaient les seuls envers lesquels il manquât de charité. Les misérables étaient toujours sûrs de trouver du secours dans sa bourse. Il était d’une si grande intégrité que jamais on ne l’avait surpris manquant de parole à personne. Enfin, ses connaissances en médecine l’avaient rendu doublement utile à sa paroisse. »

Guillaume Colletet, un peu plus tard, témoigne aussi des vertus du curé de Meudon :

« Il desservit cette cure avec toute la sincérité, toute la prudhomie et toute la charité que l’on peut attendre d’un homme qui veut s’acquitter de son devoir. Du moins, l’on ne voit ni par tradition, ni autrement, aucune plainte formée contre ses mœurs ni contre sa conduite pastorale. Au contraire, il y a bien de l’apparence que son trouppeau estoit très content de luy, comme on le peut inférer de certaines lettres qu’il écrivit à quelques-uns de ses amys, qui sont encore entre les mains des curieux et que j’ay veues, où entre autres choses il lui mande qu’il avait de bons et