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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/170

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d’un horoscope dont Maître François savait autant et mieux que personne l’imposture, lui qui avait dénoncé comme abus et vanité l’art de Raymond Lulle et la divination par l’inspection du ciel.

À l’occasion de cette naissance, le cardinal du Bellay et l’ambassadeur de France donnèrent à Rome des réjouissances et notamment une sciomachie ou bataille feinte, dont Rabelais envoya la description au cardinal de Guise que nous voyons, sans surprise, protéger la vieillesse de Rabelais, car la guerre civile n’avait pas encore éclaté, les Guises n’étaient pas encore les chefs des catholiques espagnols et romains, et Frère François, s’il n’était point papiste, était encore moins calviniste. Le réformé Théodore de Bèze, qui l’avait autrefois célébré, le regardait alors comme la bête de l’Apocalypse et comme un monstre plein d’iniquité. Ce n’était point une raison pour qu’il fût épargné. Il recevait au contraire des coups des deux partis, réformé pour les catholiques, papiste pour les réformés. Pendant qu’il vivait à Rome auprès du cardinal du Bellay, en France, un moine de Fontevrault, nommé Gabriel de Puits-Herbault, en latin Putherbus, l’attaquait violemment dans un livre nommé Theotimus qui trouvait des lecteurs. Il se peut que, comme on l’a dit récemment, l’animosité de ce religieux contre le pantagruélisme eût des causes particulières et qu’elle fût née de ce