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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/165

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témon, de Frère Jean des Entommeures et des autres familiers de sa noble maison.

Il commença à armer ses navires et il y fit notamment charger une grande quantité de l’herbe pantagruélion. Qu’est-ce que cette herbe pantagruélion ? À en juger par la description que Rabelais nous en fait, c’est le chanvre. En quatre chapitres, l’auteur en définit les caractères, en expose les divers usages, en exalte les propriétés, en recommande les vertus. Et, dans ce morceau qui termine son troisième livre, il se montre botaniste exact autant qu’enthousiaste. Ce grand homme peut être cité parmi les créateurs de la botanique, car, le premier, il eut quelque idée du sexe des plantes.

Ainsi s’achève, d’une façon imprévue et magnifique, ce merveilleux troisième livre, si abondant en excellentes scènes de comédie et où Molière puisa à pleines mains. Je ne connais pas de pages, dans toute la littérature française, d’un style aussi riche, d’un sens aussi plein.