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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/142

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TROISIÈME LIVRE



Lorsque s’ouvre le troisième livre et que l’auteur poursuit, après une longue interruption, le récit des hauts faits du bon Pantagruel, nous voyons le fils de Gargantua organiser le pays qu’il vient de conquérir. Il transporte une colonie d’Utopiens en Dipsodie et assigne à Panurge pour seigneurie la terre de Salmigondin. Mais Panurge gouverne si mal ses affaires qu’en peu de temps il est couvert de dettes, et ne s’en tourmente guère. Comme dit Fantasio : « Quand on a des dettes et qu’on ne les paye pas, c’est comme si on n’en avait pas. » Panurge qui a beaucoup plus d’esprit que Fantasio ne se contente pas de supporter aisément sa condition de débiteur, il l’exalte, et la glorifie, et, sur la considération de sa dette, il établit non seulement une théorie du crédit public,