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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/132

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Homme universel, le pantagruéliste rendait d’autres services à son maître que ceux de médecin. Il était son intermédiaire auprès de plusieurs savants. Il correspondait, notamment avec le légiste Jean Boyssonné dont nous venons de lire les vers latins, avec Guillaume Bigot, avec Guillaume Pélicier, évêque de Narbonne, puis de Montpellier, et, à cette époque, ambassadeur du roi de France à Venise. Nous avons deux lettres de ce prélat à Rabelais, l’une du 23 juillet, l’autre du 17 octobre 1540, qui sont d’un ton amical et familier. Il est question, dans la seconde de ces lettres, de manuscrits hébraïques et syriaques et de livres grecs dont l’ambassadeur français négociait l’acquisition. Pélicier demanda au moine helléniste d’employer tout son crédit pour faire réussir cette négociation. Nous ne savons si Rabelais s’employa utilement dans cette affaire, mais elle réussit aux souhaits de Pélicier et les manuscrits orientaux acquis par l’ambassadeur enrichissent encore aujourd’hui nos dépôts publics.

Il paraît bien que Maître François, qu’un prélat tel que l’évêque de Montpellier traitait si honorablement, s’attira à Turin encore une mauvaise affaire par son indiscrétion. Il fut pris d’une telle frayeur de ce qu’il avait commis, qu’il repassa éperdument les Alpes et fut rencontré à Chambéry, la tête perdue, et ne sachant où aller. Nous ne connaissons pas sa faute, mais elle était sans