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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/112

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Le 15 avril, l’ambassade était de retour à Lyon. Rabelais publia dans cette ville une édition de la topographie de Marliani, avec une épître latine à l’évêque Jean du Bellay, dans laquelle il exprimait éloquemment sa gratitude à son maître et protecteur.

« Ce que j’ai souhaité le plus, dit-il dans cette épître cicéronienne, ce que j’ai souhaité le plus depuis que j’ai quelque sentiment du progrès des belles-lettres, c’est de parcourir l’Italie et de visiter Rome, tête du monde ; et ce vœu, tu l’as exaucé avec tant de bonté que non seulement j’ai vu l’Italie (chose déjà précieuse en soi), mais que je l’ai vue avec toi, le plus savant homme qui soit sous la voûte des cieux et le plus généreux (ce dont je ne t’ai pas encore assez loué). Oui, il m’est plus cher de t’avoir vu dans Rome que d’avoir vu Rome elle-même.

» Voir Rome, c’est une heureuse fortune à laquelle tout homme d’une suffisante condition peut atteindre, pourvu qu’il ne soit ni manchot, ni perclus de tous ses membres ; mais t’avoir vu à Rome, dans l’éclat de félicitations inouïes, ô joie ! Avoir été mêlé à la gestion des affaires dans le temps de la noble ambassade où t’avait envoyé notre invincible roi François, ô gloire ! Avoir été près de toi quand tu prononças le discours sur le cas de la reine d’Angleterre, devant le sacré collège, ô félicité ! »

Jean du Bellay retourna en Italie au mois de