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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/110

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volontiers les beaux esprits de l’Église. Ils faisaient afficher dans tous les carrefours de la ville les thèses qu’ils prétendaient soutenir, comme nous avons vu tout à l’heure le jeune Pantagruel en mettre neuf mille sept cent soixante-quatre, d’un coup, à Paris, « touchant en icelles les plus forts doutes qui fussent en toutes sciences ». Souple, aimable, persuasif, Jean du Bellay réussit très bien dans les négociations dont il fut chargé par le roi. Envoyé en Angleterre auprès du roi Henri VIII, il avait su le gagner et avait obtenu, à son retour en France, l’évêché de Paris. Il avait assisté en 1533 à l’entrevue de Marseille où s’était conclu entre le pape Clément VII et le roi François Ier un accord dont les réformés de France devaient payer les frais. Personne agréable au pape autant qu’à Henri VIII, il se trouvait désigné pour négocier à Rome le divorce du roi d’Angleterre. Il se mit en chemin avec sa maison. Passant par Lyon, il y trouva Frère François Rabelais, qu’il avait connu naguère novice à la Baumette, et, pour l’amour du grec, il le prit avec lui comme médecin.

Joyeux de parcourir cette terre d’Italie qui avait nourri une des plus belles civilisations du monde et où la science antique s’était réveillée de son long sommeil, Rabelais se promettait de converser avec les savants, d’étudier la topographie de Rome et de chercher des plantes inconnues en France.