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Page:Anatole France - Rabelais, Calmann-Lévy, 1928.djvu/107

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SUITE DE LA VIE DE RABELAIS



Le Gargantua et le Pantagruel, imprimés en façon de petits livrets populaires, avec de grossières gravures sur bois, plurent beaucoup et trouvèrent de nombreux lecteurs, car on en fit en peu de temps plusieurs éditions. Mais les théologiens jetèrent feu et flammes. Ils étaient pour lors en grande effervescence. La propre sœur du roi, la bonne reine de Navarre, fut, en cette année 1533, dénoncée, injuriée, menacée de la potence et du bûcher, jouée ignominieusement sur les tréteaux du collège de Navarre. Un livre de sa main, un livre austère, édifiant, ascétique, Le Miroir de l’âme pécheresse, faisait scandale. Ce n’était pas tout alors d’être pieux ; il fallait l’être sorboniquement. Pantagruel fut condamné en Sorbonne avec un livre que j’avoue