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Hélène, sortie de convalescence, n’avait plus qu’une idée : posséder René, le tenir, ne plus le quitter. Il serait son refuge, sa force. Elle comptait bien que les épouvantes ne l’atteindraient plus quand ils seraient tous deux enfermés dans la même chambre. Elle l’épouserait, elle vivrait doucement, chaudement, bien abritée, entre son mari et son père. Tout son passé d’innocence tenait à ces deux hommes. Non, non ! les mauvais rêves ne se glisseraient plus sur l’oreiller qu’elle se ferait avec tant d’amour.

Elle ne savait rien des bruits qui grondaient sourdement contre elle dans le quartier.