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II

grandit. Monsieur le pasteur Jean Vernier passe en Europe dans le but d’amener de nouveaux ouvriers. Ici se place l’un des événements les plus tristes que nous ayons à enregistrer. Monsieur Vernier, après avoir persuadé messieurs Kempf, van Buren, Marc Ami et J. Cornu de venir au Canada, s’embarque avec ces dignes missionnaires sur un voilier du nom de l’Annie Jane. C’était au mois d’août (1853).

Les premiers jours de la traversée furent favorables et l’on voguait plein d’espoir. Mais bientôt la mer devint mauvaise, et dans la nuit du 28 au 29 septembre, le vaisseau, dépouillé de ses agrès, livré à la fureur des flots, alla se briser sur les rochers. On raconte que monsieur Vernier vit arriver sa dernière heure avec un calme parfait. Il exhortait ses frères désespérés, leur montrant le ciel comme lieu de rendez-vous. C’était la vie sacrée et intime d’un cœur qui aime, s’élevant au-dessus de l’élément déchaîné pour saisir la main du Sauveur. Monsieur Kempf, sa femme et leurs deux enfants restèrent paisibles en face de leur fin tragique. Le len-