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tous les chanoines (résidants ou du dehors, engagés dans les ordres sacrés ou libres encore), avaient le droit de concourir à l’élection des évêques ; ordre fut donc donné aux notaires et aux messagers de semondre, pour le 21 août, tous les membres du chapitre indistinctement, tant en parlant à eux-mêmes, en présence de témoins jurés, qu’en faisant publier les semonces ; et, peu d’instants après, on lisait les citations affichées à l’entrée de la salle capitulaire et à toutes les portes de Notre-Dame.

Au reste, les intentions de Charles VIII ne devaient pas être longtemps un mystère. Gouverné maintenant par le duc d’Orléans, que naguère il avait combattu, fait prisonnier, tenu enfermé dans la grosse tour de Bourges, c’était l’ami de ce prince, c’était Georges d’Amboise, archevêque de Narbonne, qu’il voulait voir appeler au siège de Rouen. Georges d’Amboise, lui aussi, avait été prisonnier du roi, comme le duc d’Orléans, son maître et son ami ; aujourd’hui il était lieutenant en Normandie pour ce prince gouverneur de la province, et Charles VIII avait entrepris de l’en faire archevêque-primat. Voilà de ces caprices des rois et de la fortune !

Or, jamais roi de France n’avait eu chose plus à cœur, comme on ne tarda pas à le voir ; et l’étonne-