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le droit qu’avaient les chanoines de Rouen d’élire librement leurs archevêques ; le monarque avait refusé de s’expliquer ouvertement avec eux, malgré leurs instances réitérées, se retranchant toujours à dire « qu’il ne leur permettait ni défendait d’élire un « archevêque ; » seulement il avait laissé entrevoir que, sous peine de lui déplaire, il faudrait préférer un prélat dont, pour l’heure, il taisait encore le nom : c’était toute la réponse qu’avaient pu obtenir de lui les députés, et il leur avait fallu partir sans lettres patentes donnant au chapitre la permission d’élire.

Plusieurs jours de suite, les chanoines assemblés en permanence délibérèrent sur un procédé si étrange. Mais leurs bulles, leurs chartes, les définitions du concile de Bâle, la pragmatique, enfin, étaient formelles ; le roi, en tous cas, ne leur avait pas défendu de s’assembler et d’élire : eût-il jamais osé l’entreprendre ? Ayant donc égard au dommage qui résultait toujours, pour les diocèses, de la longue vacance du siège épiscopal ; voulant, d’ailleurs (et ils le dirent), « user de leur droit et des libertés accordées d’ancienneté à eux et à leur église, » ils proclamèrent, tout d’une voix, l’urgence de pourvoir prochainement l’église de Rouen d’un nouveau pontife ; et le mercredi 21 août fut, dès-lors, fixé, d’un commun accord, pour l’élection d’un archevêque. Or,