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crées par le premier concile de Nicée, qu’elles eussent ou non toujours existé depuis sans interruption, et que leur forme eût subi, dans la suite des temps, de plus ou moins notables changements, toujours le concile de Bâle avait-il, en 1433, proclamé solennellement le droit des abbayes et des chapitres ; et, en 1438, à Bourges, dans une assemblée solennelle où présidait le roi Charles VII, les élections des abbés et des évêques étaient devenues le droit commun de la France.

Mais une ancienne coutume voulant qu’avant l’élection les chapitres dénonçassent au roi la mort de leur dernier évêque, et obtinssent de lui la permission d’en élire un autre, les chanoines de Rouen ne s’étaient occupés, dans cette première assemblée, que de députer vers le roi Charles VIII deux d’entre eux, qui ne pouvaient manquer de revenir bientôt avec la permission désirée ; car avait-on jamais vu, surtout depuis le concile de Bâle et la pragmatique, les rois refuser cette permission, qui ne semblait que de pure forme ?

Quel ne fut donc pas l’étonnement des chanoines de Rouen, lorsque les deux députés, de retour, leur racontèrent ce qui s’était passé entre eux et Charles VIII ! En vain lui avaient-ils montré les bulles et les chartes où était proclamé, à chaque ligne,