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rouennais, de ceux que l’érudition effarouche, et qui n’en acceptent les leçons que présentées sous une forme aimable et attrayante : ce sont les Anecdotes normandes, dont il paraît aujourd’hui, grâce à une généreuse inspiration, et par les soins d’un habile imprimeur, une seconde édition, sollicitée depuis bien des années[1] et à laquelle ne saurait manquer un favorable accueil.

Les Études sur la vie de Bossuet ont été l’œuvre capitale de M. Floquet, l’œuvre de prédilection de sa vie entière. Il y a mis tout son cœur ; il s’est plu à y déployer toutes les ressources de son esprit aussi ingénieux que patient. Si, plus tard, comme il est permis de l’espérer, à l’aide des documents qu’il a rassemblés en fort grand nombre, des notes qu’il a rédigées avec un soin extrême, ces savantes études, qui ont captivé l’attention du monde religieux et du monde lettré, pouvaient être achevées, combien on aimerait, par un double sentiment de convenance et de gratitude, à les voir accompagnées d’une biographie, mûrement étudiée, du savant historien, qui, mieux que personne, a connu Bossuet, et qui a éclairci, avec une telle netteté, les particularités de sa glorieuse carrière, qu’à la distance de près de deux siècles, nous n’avons, sur bien des points, rien à envier à ses contemporains !

Les Anecdotes normandes, si parfaites qu’elles soient, n’ont été, cependant, qu’un agréable délassement dans une longue vie de labeur. Ce n’est pas là qu’il faut mettre le portrait de l’auteur, et le moment n’est pas encore venu de réclamer pour cela la main d’un maître. En tête de ces charmants récits, il suffira d’une légère esquisse, pour

  1. Tout dernièrement, une nouvelle édition des Anecdotes normandes était demandée par M. Siméon Luce, Membre de l’Institut, « au nom des amis et des admirateurs de M. Floquet, au nom de tons ceux qui ont le culte des gloires normandes. »
    Voir le discours prononcé par M. Luce, comme président d’honneur de la Société de l’Histoire de la Normandie, dans le Bulletin de cette Société, t. III, p. 109. Le même vœu avait été exprimé par M. l’abbé Le Nordez, dans une conférence donnée par lui au Cercle du Luxembourg, à Paris, en janvier 1882.