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lieues du reste, était régie par le rituel de Lisieux, et en suivait fidèlement les pratiques, différentes quelquefois de celles de la métropole ; en sorte que, d’un côté du ruisseau, on pouvait, à certains jours, manger la poularde en toute sûreté de conscience, tandis que, du côté opposé, et à six pieds de distance, telle chose eût été une violation blâmable des prescriptions imposées au chrétien.

Jaloux à l’excès de cette fraction démembrée de leur territoire, les évêques de Lisieux avaient fait construire, tout près de l’église de Saint-Cande, un spacieux manoir qu’on appela d’abord l’hôtel de Saint-Cande, puis l’hôtel de Lisieux. L’hôtellerie qui porte aujourd’hui ce nom a été bâtie sur une partie du terrain qu’occupait naguère le manoir épiscopal ; peut-être y trouverait-on encore quelque vestige de l’ancienne demeure des évêques de Lisieux. Ce fut dans ce manoir épiscopal, remarquable sans doute, alors, par ses tourelles élancées, par les ogives de ses portes, de ses fenêtres, et par l’éclat de ses verrières, que Zanon de Castiglione, évêque de Lisieux, donna, en 1425, une fête dont le souvenir nous a paru digne d’être conservé pour ceux qui aiment à connaître, dans ses détails, la vie privée de nos pères. Neveu du cardinal Branda, Zanon de Castiglione venait d’être appelé, après lui, au siège épiscopal de Lisieux. Le 24 janvier 1424,