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jours et demi, et part à cinq heures, et en hyver en trois jours, et part à six heures.

« Il va le samedi par le Pont-de-l’Arche.

« Il part des chaises pour Paris quand on en a besoin et des fourgons pour les grosses marchandises. »

Après la construction des grandes routes, il y eut une amélioration très notable dans le service des voitures publiques.

Du temps de Jouvenet, les chemins, si ce n’est en approchant de Paris, étaient tels qu’au moyen-âge.

Le carrosse de Rouen à Paris et de Paris à Rouen, passant par Écouis, existait dès le xviiie siècle. Le lundi 2 octobre 1663, Jacques Le Courtois, intendant du baron du Pont-Saint-Pierre, est envoyé à Paris par son maître ; il va prendre sa place dans le carrosse à Écouis ; il paie 6 l. au voiturier, et dépense sur le chemin 5 l. 10 s., ce qui donne lieu de supposer que le trajet n’avait pas été court. Songeant au retour, après avoir terminé toutes les affaires dont il avait été chargé, il vient coucher le vendredi, 16 novembre, à l’Image-Saint-Eustache, près des Coches. Le samedi 17, il prend place dans le carrosse moyennant 10 l. et arrive à Écouis après deux jours et deux nuits, ayant dépensé le long de la route 6 l. 15 sous. Je ne vois pas d’autre voiture qu’ait pu prendre Pierre Corneille pour venir à sa maison du Grand-Andely. Il est vrai que les gens riches avaient à leur disposition la chaise, qui coûtait beaucoup plus cher, mais qui était beaucoup plus rapide[1].

Le 16 février 1646, Fleurent Dupray, maître des coches de Rouen à Paris, avait baillé à louage, pour huit ans, par le prix de 150 l. par an, à Antoine Le Maistre, de Magny, le droit d’une carriole, couverte en forme de coche, pour aller de Magny à Rouen et de Paris à Magny, qui partirait de Magny le mercredi de chaque semaine, et de Paris le vendredi, pour porter personnes, hardes et marchandises, et serait attelée de bons chevaux pour le service du public[2].

  1. « Estat de la recepte et despence faicte par moy Jacques Le Courtois, de ce que j’ay receu du revenu de Monsieur du Pont-Saint-Pierre, depuis le premier jour de juin MVI° soixante et trois que j’ay eu l’honneur d’entrer à son service. » Arch. de la S.-Inf. F. Caillot de Coqueraumont.
  2. Tabellionage de Rouen, Meubles.