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surtout, avec une incroyable persévérance, au point qu’un célèbre archidiacre de Rouen, Adrien Behotte, qui florissait sous Henri IV et Louis XIII, après une longue vie passée quasi tout entière dans cette polémique, revoyant enfin ses registres, et faisant ses comptes, trouva, et en convint de la meilleure foi du monde, qu’il lui en avait coûté dix mille bons écus, monnaie de France. Encore avait-il perdu, avec dépens, tant au parlement de Rouen qu’au conseil du roi, où il avait eu le crédit de faire évoquer enfin toutes ses affaires. Aussi, à Rouen, la chose n’était-elle plus controversée, en sorte que les trente-six curés de cette ville, au jour de la visite, gardaient leur étole sans qu’une voix s’élevât maintenant pour la leur faire quitter, l’archidiacre Behotte en étant mort à la peine, et il y avait longtemps de cela. Que, s’il en allait ainsi sous l’empire du Rituel de Rouen, qui ne disait mot de l’étole pastorale, pourquoi en aurait-il été autrement dans le diocèse de Bayeux, dont le Rituel n’en parlait pas davantage ? Aussi, dans tous les doyennés, mais à Caen surtout, lors des dernières visites d’archidiacres, les curés avaient-ils été vus portant paisiblement leurs étoles, sans l’ombre d’une dispute. Le fait était assez récent encore ; nombre de témoins pleins de vie l’avaient vu de leurs yeux, et des procès-verbaux en auraient fait foi en un besoin.