Page:Amable Floquet - Anecdotes normandes, deuxieme edition, Cagniard, 1883.djvu/359

Cette page a été validée par deux contributeurs.


recherches désespérées, s’offrirent aux regards de notre antiquaire enchanté des pièces telles qu’il n’eût osé en espérer lui-même, de belles lettres-patentes bien scellées, en bonne forme, par lesquelles un roi de France avait maintenu naguère le curé et les douze obitiers de Saint-Pierre en leur droit de porter, tant dans l’église qu’en tous lieux, non seulement l’aumuche grise, mais de plus le capuchon à queue ou chape noire, pour en jouir, eux et leurs successeurs, jusqu’à la consommation des siècles. Obitiers, curé, vicaires, eussent volontiers, en une telle conjoncture, chanté un Te Deum à huis clos et en famille. Pensez surtout combien Gervais Delarue était aise d’avoir pu jouer un si bon tour à l’archidiacre, ce fin et consommé liturgiste.

Oncques plus, vous le pouvez bien croire, il ne devait dans la suite être question des aumusses de petit-gris. Mais l’archidiacre, tout en buvant, non sans rechigner un peu, ce calice jusqu’à la lie, mûrissait en son esprit un projet bien autrement hardi, se promettant tout bas une éclatante revanche dont l’idée seule le faisait rire sous barbe et réciter son bréviaire d’un air plus satisfait que de coutume.

Un beau jour donc, dans la paisible ville de Caen, arriva tout-à-coup la nouvelle inopinée que, tel jour, à telle heure, l’archidiacre Raffin viendrait commencer à Saint-Pierre la visite de toutes les églises de la ville ;