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telle que le saint roi les aimait, telle que de son temps on les sut faire. Chaque instant la voit grandir, s’étendre, s’avancer, couvrir l’ancienne, qui peu à peu, disparaît et se retire, comme l’astre de la nuit s’éclipse au matin, devant l’astre plus éclatant du jour. Qui ne prendrait plaisir à voir surgir de terre ces blanches murailles, s’élever ces élégants piliers, se projeter ces contreforts, se courber ces arcs-boutants, s’arrondir cette voûte, qu’une tour hardie doit couronner bientôt, se coordonner ces galeries superposées, qui forment à la basilique une double et riche ceinture ; s’élancer ces aiguilles gracieuses et légères, ces hautes fenêtres du rond point, où resplendiront dans peu l’or, l’écarlate et l’azur ? Oui, c’est bien là le treizième siècle, le siècle de saint Louis, celui de la foi vive et des belles églises ; on s’y sent transporté, on y est en effet ; on respire l’air et les croyances de ce temps-là.

Donc, n’ont péri en France ni la foi ni l’art qu’elle inspire ; l’art merveilleux de bâtir pour Dieu des temples à l’aspect desquels s’accroisse la religion des peuples, et d’où les cœurs émus s’élancent vers Dieu, à la voix de l’artiste et du prêtre : j’en prends à témoin la nouvelle église. Aussi, me plaisant à y porter mes pas, à la regarder grandir, à épier les sentiments divers qu’inspire cette heureuse, cette inopinée création, à ceux qui viennent la contempler avec moi, dirai-je