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quelques jours et il n’en restera plus pierre sur pierre. Mais déjà près d’elle, et sur elle, s’en élève une autre, qui ne permettra point de regrets. Au lieu que, chez les Hébreux, du temps d’Esdras, à l’aspect du second temple construit sur l’emplacement du premier, les vieillards, en se rappelant l’ancien, si magnifique, et voyant le nouveau, si inférieur de tous points, secouaient tristement la tête et se prenaient à pleurer, les nôtres, au contraire, devront tressaillir de joie à l’aspect de la basilique nouvelle, qu’une foi ardente et un art merveilleux élèvent à la place des vieilles et informes constructions qui, dans peu, vont disparaître à nos yeux. Car, qu’était le premier temple auprès de ce que sera le nouveau, et de ce que déjà il nous est donné d’en connaître ! Ce zèle dévorant, par qui, autrefois, David et Salomon bâtirent une demeure à l’Éternel, ce zèle, animant de nos jours quelques hommes pleins de foi, d’intelligence et de cœur, a réveillé, dans ce pays et au loin, les sympathies des croyants, celles des amis des arts, celles du peuple, des magistrats, des citoyens de tous les ordres. Trop longtemps enseveli et comme étouffé sous de froides cendres, le feu sacré, se ravivant tout-à-coup, a brillé inopinément à nos yeux charmés. La foi de saint Louis, se réveillant au milieu du dix-neuvième siècle, élève à Notre-Dame de Bon-Secours une basilique