Page:Amable Floquet - Anecdotes normandes, deuxieme edition, Cagniard, 1883.djvu/322

Cette page a été validée par deux contributeurs.


d’applaudir jusqu’au scandale ; puis, une affluence dans la Grande salle, pour les voir sortir de la Chambre dorée ; et de là, les échevins, avec Messieurs les vingt-quatre, ne sont-ils pas allés en cérémonie les installer à l’Hôtel-de-Ville, dans une salle disposée exprès, où il seront comme chez eux ! Mais j’oubliais que cette Académie donnera des prix ; M. le duc de Luxembourg en prend sur lui la dépense. C’est pourtant M. de Fontenelle qui a mené à fin cette grande affaire, et sans bouger, seulement, de son fauteuil ? Eussiez-vous jamais pensé cela de lui ? Un homme de cet âge, et qui semble n’avoir pas le souffle ! Mais qu’est-ce encore ? Il leur a rédigé des règlements, des statuts ! Que vous dirai-je ? Il est membre de leur Académie, associé (comme il appellent cela ! ) Et, quant à M. de Voltaire, ne voilà-t-il pas qu’il était aussi de la partie ? On montre par la ville des emblèmes, des devises qu’il a composés pour eux ; une Diane, je crois, ou, selon d’autres, un temple à trois portes, avec des vers latins ; on ne sait ce qu’il a voulu dire ; et, par dessus tout cela, des vers, des compliments à leur tourner la tête à tous ! Mais quoi, vous ne m’écoutez plus ! » — Atterrés, il est vrai, par ce récit, et comme étourdis sous le coup, Messieurs de la Bourse découverte s’allaient séparer sans rien dire. — « Mais attendez donc ! leur criait Lasnon, ils n’en sont,