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quelques faits arrivés dans notre ville, au temps de nos pères, et que ces fidèles images des anciennes moeurs normandes ne seraient point sans quelque prix à leurs yeux ? Effrayé, d’ailleurs, de ces deux sérieuses et longues histoires, entreprises, peut-être, sans avoir assez consulté mes forces, j’espérais, en traçant ainsi de moins graves et plus courtes narrations, acquérir cette habitude, cette vigueur, ce courage si nécessaire pour traiter de grands sujets : « Excursusque breves tentat », a dit Virgile. Hélas ! le Parlement est toujours là devant moi, immense, attaqué, mais non vaincu encore, et, plus que jamais, me faisant peur ; seulement, pour acquérir une confiance qui ne m’est point venue, je me trouve avoir écrit une dizaine de petits récits que je n’ai point la sagesse de garder pour moi seul, et auxquels je souhaite bonne chance auprès des amis de nos souvenirs normands. Véritables tous pour le fond, et presque tous quant aux détails mêmes (les Pièces justificatives sont dans nos mains), on ne doit point, néanmoins, chercher dans tous cette vérité rigoureuse, cette vérité de mot à mot, première condition de l’histoire, son essence, ce sans quoi elle n’est pas ; cette vérité, enfin, seul mérite de notre histoire du Privilège de Saint-Romain, et qui, un jour, seule aussi, recommandera notre his-