Page:Amable Floquet - Anecdotes normandes, deuxieme edition, Cagniard, 1883.djvu/314

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Mais, à Rouen, du moins, tous, d’un commun accord, devaient (supposerez-vous) désirer la validation d’un legs si honorable pour le testateur, si avantageux au pays. Il ne fallait, à la vérité, pour cela, que regarder autour de soi ; il ne fallait que se souvenir de ce qu’avaient fait, de ce que faisaient chaque jour encore pour la cité les modestes et laborieux habitués d’un petit jardin, caché, pour ainsi dire, dans un recoin du faubourg Bouvreuil ; étroit réduit, fréquenté assidûment par quelques hommes d’étude, auxquels il appartenait en commun.

Ces réunions dataient déjà de loin. Là, d’abord, il ne fut parlé que de plantes, d’arbres et de fleurs. Mais aux botanistes s’étaient, bientôt, venu joindre de doctes médecins, d’habiles opérateurs, des chimistes, des physiciens, des astronomes. Puis, avec le temps, à peine aurait-on su imaginer chose dont quelqu’un de ces fervents travailleurs ne pût disertement parler. En sorte que, chaque jour, maintenant, on s’occupait là, avec bonheur et succès, de toutes matières touchant aux Sciences, aux Lettres et aux Arts. Car les Arts, les Lettres, invités dans la suite à ces sérieuses assemblées, étaient venus, de bonne grâce, en accroître l’intérêt et le charme. Après avoir entendu un mémoire de Le Cat, de Tiphaigne de la Roche, on aimait à contempler quelque belle esquisse de Descamps ;