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mettre tout le Parlement avec lui. Puis la crainte de quelque intrigue de cour, l’impatience de voir cesser ces conflits de mots d’ordre, dont on faisait partout des risées, surtout l’espoir de n’être plus tant visité des échevins, uniquement appliqués depuis environ quarante jours à l’obséder sans relâche, la perspective enfin de commander seul dans Rouen tout à l’heure lui souriant fort, bientôt les étranges concessions qu’on lui demandait commencèrent à lui déplaire un peu moins ; d’autant (notez ce point) que la duchesse lui avait fait dire qu’elle les prendrait comme de pures marques de courtoisie de sa part, et s’en expliquerait ainsi publiquement en présence de tous. Bref il donna les mains, et à Saint-Ouen eurent lieu, deux jours de suite, les cérémonies désirées par Mme de Villars, avec toute la solennité qu’il avait été convenu d’y mettre. Pas n’est besoin de le dire : en une rencontre de telle conséquence les compliments étaient réglés à l’avance et les pas même avaient été comptés. Seule donc, ces deux jours-là, la duchesse avait donné le mot d’ordre ; seule elle avait commandé les armes, voulant, comme on disait au palais, jouer de son reste et faire une honorable retraite. De longtemps, quoi qu’il en soit, on ne l’avait vue si radieuse et si riante ; et chacun en fit la remarque. Au surplus, fidèle à sa promesse, elle s’était vivement défendue de donner