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connaître enfin le droit du Parlement, et cesser de commander à la force armée, mais à une condition toutefois dont rien (avait-elle dit) ne la ferait jamais démordre, c’est à savoir qu’un gentilhomme, envoyé par le premier président, viendrait à Saint-Ouen présenter officiellement à la duchesse les capitaines, lieutenants et enseignes des compagnies, la suppliant, en termes pressants, au nom de ce magistrat, de vouloir bien leur donner le mot d’ordre ; qu’en effet elle le donnerait ce mot, et le donnerait seule, après s’en être quelque temps et vivement défendue, mais comme vaincue par les instances réitérées du premier président ; encore voulait-elle que cette cérémonie eût lieu deux jours consécutifs avec apparat dans la grande galerie du manoir abbatial de Saint-Ouen, en présence des échevins et conseillers de ville, de tous les capitaines et autres officiers des arquebusiers, de la cinquantaine et de la garde bourgeoise, autant vaut dire de la ville tout entière ; après quoi ces capitaines ne prendraient plus l’ordre que de la bouche du premier président tout seul, à qui désormais reviendrait le commandement des armes, sans partage, en l’absence des gouverneurs et lieutenants de roi.

Dès les premiers mots d’une capitulation si nouvelle, M. de Frainville s’était récrié bien haut, de telles avances allant, disait-il, à le ravaler et à compro-