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or, parfois, il n’en eût pas tant fallu pour sauver un empire.

Mme de Villars, au reste, y avait d’abord été de confiance, affermie comme elle croyait dans sa prérogative et comptant qu’on s’était rendu à ses raisons. Partant, elle donnait chaque jour le mot d’ordre, le donnant seule (pensait-elle), et cela en toute tranquillité, non même sans y trouver quelque plaisir. Quand donc elle entendit dire un jour que, de son côté, le premier président en donnait chaque jour un autre, au commencement elle ne le pouvait croire ; mais le fait, enfin, étant bien avéré, ce fut dans Rouen un bruit à ne s’entendre plus et à mettre la ville sens dessus dessous. Conseillers de ville, capitaines, lieutenants, enseignes mandés tous ensemble, mandés vite et en toute diligence (car les dames n’attendent pas volontiers), durent écouter les plaintes amères de la vive et courroucée duchesse et prendre patience. Quant à lui répondre ensuite, à l’apaiser un peu, à la contenter enfin en quelque façon et à quelque prix que ce pût être, ils avaient bien reconnu tout de suite qu’il y fallait renoncer pour la journée, l’inflexible duchesse n’étant pas d’humeur à se contenter de raisons. Je conjecture, pour moi, qu’elle devait être de Gascogne, où, quand une fois les dames ont pris quelque chose à cœur, elles s’y aheurtent de telle sorte, que vous les