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par la même occasion, de faire confectionner une potence toute simple, mais bien conditionnée, à tout événement, et pour ne pas être surpris.

Tous ces bons personnages n’entendant point raillerie sur les incartades des clercs leurs confrères ; étant prêts, jour et nuit, à procéder, à instrumenter contre eux, à les juger sans leur passer la moindre peccadille, et les tenant, pour ainsi dire, serrés de si près que pas un n’eût osé broncher si peu que ce fût, il n’y avait sorte de bontés que le Parlement n’eût pour eux, afin de les maintenir en ferveur, et de conserver dans le Palais la paix, qui, de vrai, était leur ouvrage. Lors des visites du 1er janvier, les salons de la première présidence s’ouvraient à deux battants pour messieurs les officiers de la Basoche ; les honneurs, les exemptions, leur étaient prodigués. Le gouverneur de la province avait voulu enrôler les maîtres clercs dans la garde bourgeoise ; le Parlement, intervenant aussitôt, les en fit dispenser pour toujours. Après l’affaire du peintre Descamps, la direction du théâtre, voyant quelles gens c’étaient que ces seigneurs de la Basoche, et comptant bien qu’ils pourraient faire taire nombre de petits clercs et praticiens qui, chaque jour, au parterre, lui donnaient de la tablature, s’était empressé d’abandonner régents, conseillers, tous les officiers, enfin, moyennant la modique somme d’un louis par