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péri[1], ce tableau qu’avaient tant admiré nos pères, ce chef-d’œuvre dont la beauté, dont l’éclat semblaient s’accroître encore après un siècle de durée. Mais l’illustre peintre en avait fait une esquisse admirable, qui survit, religieusement conservée[2]. Partout, d’ailleurs, s’offrent aux yeux étonnés d’autres merveilles du pinceau de l’illustre normand. Proclamons-le donc avec confiance et bonheur, proclamons-le dans la cité qui le vit naître, le nom de Jouvenet ne périra pas !

  1. Dans la nuit du 1er au 2 avril 1812, le plafond de la 2e chambre des Enquêtes s’étant écroulé, le vaste tableau de Jouvenet s’est trouvé déchiré, et il ne paraît pas qu’on en ait recueilli les fragments.
  2. Une grande esquisse, bien terminée, du magnifique tableau de Jouvenet, peinte par Jouvenet lui-même, et dans le plus bel état de conservation, existe dans le cabinet de l’auteur de cette anecdote. M. Le Carpentier, qui dans sa Galerie des Peintres célèbres (tome 2, p. 138), signale l’existence de cette admirable esquisse, se félicite de ce que, grâce à elle, « la belle pensée de Jouvenet n’est pas perdue pour les gens de goût. »