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authentiques, dont ils ne sont souvent que l’élégante traduction et le simple commentaire.

Dans d’autres un fond sérieux a servi de thème à une mise en scène de pure imagination : tels sont Louis XI et la Normande et l’Arrêt du sang damné.

Une pièce de la Muse normande, de David Ferrand, a fourni la donnée de la charmante anecdote : Un procès, à mon avis, le chef-d’œuvre du recueil. Un chapitre des Recherches d’Etienne Pasquier n’a eu besoin que d’être arrangé pour devenir l’Aveugle d’Argenteuil.

Des renseignements oraux ont donné les sujets des anecdotes : le Carrosse de Rouen et Notre-Dame-de-Bonsecours.

Ce qui ajoute au prix de ces tableaux, c’est que l’auteur s’y peint lui-même, et que nous y trouvons les impressions qu’avaient laissées dans son esprit les différentes étapes de sa vie.

Des souvenirs, chers à son enfance, nous ont valu la Boise de Saint-Nicaise, qui retrace d’une manière si piquante la lutte qui s’engagea entre les Purins du quartier des drapiers et les damerets du quartier aristocratique et parlementaire. Saint-Nicaise et Saint-Godard furent, à Rouen, les deux paroisses favorites de l’auteur ; la première lui rappelait sa mère, le plaisir qu’il avait éprouvé à écouter, encore enfant, assis près d’elle, ces hymnes sacrées qu’il savait toutes par cœur, et dont il ressentait les charmes, comme s’il eût été un contemporain de Santeuil. Saint-Godard était la paroisse de sa jeunesse, celle aussi de son âge mur : il y avait vu, dans un superbe vitrail, les scènes de la légende de saint Romain, qu’à son tour il devait faire revivre dans une de ses meilleures productions. Les années qu’il avait passées à Caen, comme étudiant, nous ont valu la Vocation, c’est-à-dire son histoire à lui-même, que nous reconnaissons sous les traits de Gervais De la Rue, regardant d’un œil curieux les anciens