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avaient eu ceux de Saint-Nicaise, ils s’étaient précipités au bas de la rue de l’Épée ; et, au moment du passage, il y eut une escarmouche assez vive. Force horions furent distribués de part et d’autre ; et, pour ne point mentir, ceux de Saint-Godard en eurent si clairement la meilleure part, qu’en bonne justice, et selon la loi des partages, c’était le cas de rapporter à la masse. C’est qu’après la ruse, la force avait son tour. Toutefois, le carnage n’avait pas été si grand qu’on aurait pu le croire ; et, après un dénombrement scrupuleux des tués et des blessés, il ne se trouva personne de mort, ni même en danger. Seulement, les enfants de Saint-Godard revinrent à la place d’armes un peu moins droits, un peu moins fiers qu’ils n’en étaient partis. La nuit, disaient-ils, avait été si froide ! Ce n’étaient que rhumatismes à gagner ! Mais quel remède ! Il fallait bien veiller au salut de la ville.

Ce n’étaient là, au surplus, que des préliminaires ; les gens de Saint-Nicaise n’avaient fait que peloter en attendant partie. Ils en promettaient bien d’autres à leurs ennemis ; et, gens de parole, comme on les connaissait, il n’était guère possible qu’il ne se jouât, à la fin, quelque tragédie. Force fut donc au Parlement de s’en mêler et de rendre arrêts sur arrêts. De son côté, le duc de Longueville, gouverneur de la province, s’était empressé de faire placer dans le cime-