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l’un des très rares témoins de cette scène émouvante, où, pour quelques instants, on vit reparaître à la lumière avant de s’évanouir, à tout jamais, non seulement la dépouille mortelle, mais les traits, un moment reconnaissables, du sublime écrivain.

« Voir Bossuet, écrit-il, le cœur encore tout ému de ce souvenir, combien, dans le monde, au loin, depuis 1704, avaient en leur âme envié cette douceur au grand siècle, combien encore, dans la suite des temps, s’affligeront de n’avoir pu saisir une occasion inespérée, telle qu’elle s’est offerte à moi ! »

Chaque année, la veille de ce jour mémorable dans son existence, M. Floquet se faisait un devoir d’écrire à l’évêque de Meaux pour lui renouveler l’assurance de sa profonde gratitude.

Les Études sur la vie de Bossuet jusqu’à son entrée en fonction en qualité de précepteur du Dauphin parurent en 1855[1].

En 1864, M. Floquet donnait une suite à ce travail. Elle comprenait une période de dix ans, et parut sous le titre de Bossuet précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV.

M. E. Gandar, dans son livre intitulé : Bossuet orateur, a fait ressortir, en peu de mots, la qualité dominante de ces recherches :

« M. Floquet, dit-il, en est venu à connaître si bien toutes les circonstances de la vie de l’orateur que, non seulement il supplée un millier de fois au silence de la tradition, mais qu’il rétablit souvent la vérité, d’une manière authentique et irréfutable, sur des points où dom Deforis et le cardinal de Bausset invoquent le témoignage de l’abbé Le Dieu, et où Bossuet, répondant aux questions de son secrétaire, a été trompé par ses souvenirs. »

  1. Le second prix Gobert fut donné à M. Floquet pour cet ouvrage, au concours des Antiquités nationales de 1856.