Page:Amable Floquet - Anecdotes normandes, deuxieme edition, Cagniard, 1883.djvu/171

Cette page a été validée par deux contributeurs.


encore, les flottes combinées des deux nations, reprendre les îles de Ré et d’Oléron sur les religionnaires français révoltés ? Que devenait donc le droit des nations ?

Au Parlement de Rouen, quand on sut, en gros, cette prise d’un vaisseau sur une nation notre alliée, le mécontentement y fut aussi grand qu’avaient été vifs, à Dieppe, la joie du peuple, son enthousiasme et son délire. C’était chose sur laquelle les Parlements ne s’étaient jamais montrés traitables, le Parlement de Normandie moins que les autres ; combien d’exemples en offriraient les annales du Palais ! À nous, disaient ces cours souveraines, à nous la mission de publier la paix ; mais à nous aussi le soin de la maintenir. Une fois, donc, que le premier huissier du Parlement, revêtu de sa robe rouge au chaperon noir, ayant en tête son bonnet de drap d’or enrichi de perles, escorté par la cinquantaine, les sergents et les trompettes, avait solennellement proclamé, par les rues et les carrefours de Rouen, une paix conclue entre la France et un autre royaume, alors plus de pardon pour le Français téméraire qui oserait y attenter ; ces hommes de robe sévissaient contre lui de toute leur ardeur pour la paix, sans mesure, sans merci, s’agît-il même des nations les plus infidèles aux traités. Cent fois Henri IV avait gourmandé notre Parlement à ce sujet,