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goût, dès lors très vif, pour l’homme qu’il s’agissait de glorifier.

MM. Patin et Saint-Marc Girardin, ces maîtres de la critique littéraire de notre temps, n’avaient vu, dans le sujet du concours, qu’une matière propre à exercer leur esprit, et à faire remarquer leur diction élégante. Les pages qu’ils ont consacrées à Bossuet sont aujourd’hui oubliées. Leur rival s’est livré à des recherches moins brillantes, mais plus utiles, et d’un intérêt plus durable ; il a prouvé par là combien son admiration était sincère, et il a réussi à la faire partager.

Dès 1828, l’année qui suivit ce concours, il faisait paraître la Logique de Bossuet pour l’éducation du Dauphin.

En 1829, il composait un Essai sur les hymnes de Santeuil, qui lui permettait de revenir à Bossuet.

En 1830, il donnait une dissertation intitulée : De Bossuet inspiré par les Livres saints.

En 1844, à propos d’une lettre inédite de Bossuet sur la mort d’Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans (juillet 1670), il annonçait enfin publiquement, dans la Bibliothèque de l’École des chartes, le projet qu’il avait formé depuis longtemps, qu’il avait confié à ses amis, et dont l’exécution n’avait été retardée que par la longue préparation de son Histoire du Parlement de Normandie[1].

« Tout n’est pas dit encore, écrivait-il, sur l’immortel évêque de Meaux, sur sa vie, sur ses ouvrages. De longues

  1. Fidèle à ses anciens confrères de l’Académie de Rouen, dont un des plus marquants était M. Chéruel, il les avait initiés à ses nouveaux travaux, en leur donnant lecture, en 1843, de sa dissertation sur la Bible de Bossuet. Il leur communiquait, en 1845, ses Réflexions d propos d’un opuscule autographe de Bossuet sur le style et l’écriture des écrivains et des Pères de l’Église ; en 1849, un mémoire intitulé : La première thèse de Bossuet. La Bible, dont il est ici question, est un exemplaire de la Grande Bible d’Antoine Vitré, sur les marges duquel sont