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Vers le même temps, parut, précédé d’une savante introduction, le « Diaire ou journal du chancelier Séguier en Normandie après la sédition des nu-pieds, 1639-1640,  » ouvrage que l’on peut considérer comme la justification d’un récit émouvant, inséré dans l’Histoire du Parlement et relatif à l’un des événements les plus singuliers qui aient marqué le règne de Louis XIII en Normandie.

Antérieurement, M. Floquet avait publié l’Histoire du Privilège de saint Romain en vertu duquel le chapitre de Rouen délivrait anciennement un meurtrier tous les ans le jour de l’Ascension.

Il lui avait semblé « que ce travail, résumé fidèle de documents nombreux et presque tous inconnus, ne serait pas sans intérêt pour ses compatriotes, » et il le leur avait offert, « avec la confiance d’un écrivain qui n’avait rien négligé pour rendre son œuvre complète et digne des lecteurs éclairés et équitables. »

C’est, en effet, une histoire habilement conçue dans toutes ses parties, où des détails abondants ont été coordonnés avec art ; histoire qu’on pourra abréger, qu’on ne saurait être tenté de refaire, et qui conservera le souvenir d’usages si chers autrefois à la ville de Rouen et même à toute la province.


Les trente dernières années de la vie de M. Floquet furent à peu près exclusivement consacrées à ses Études sur Bossuet. En 1827, il avait concouru pour l’Éloge de ce grand orateur, mis au concours par l’Académie française. Le prix, disputé par de nombreux et de redoutables concurrents, fut partagé entre MM. Patin et Saint-Marc Girardin. M. Floquet n’obtint d’autre distinction que de voir son discours signalé entre tous les autres qui furent alors imprimés.

Nul doute qu’en se portant comme concurrent, il eût moins cédé à l’attrait de la récompense proposée qu’à un