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vénérait le caractère, et dont il avait reçu déjà les plus précieux encouragements.

Les jugements, unanimement favorables, formulés au moment de l’apparition de l’Histoire du Parlement, n’ont pas été infirmés par les découvertes que l’on a pu faire depuis.

Pour nous encore, « c’est un livre fait pour instruire et pour plaire ; pour instruire de choses que tout le monde ignore et pour plaire même à ceux que les investigations de la science intéressent le moins ; » — « c’est l’un des plus dignes hommages que l’érudition puisse offrir aux esprits qui cherchent des leçons dans l’étude du passé[1]. »

Assurément, on pourra signaler dans ce travail quelques lacunes, contester quelques appréciations qui paraîtront, les unes, trop sévères, les autres, trop bienveillantes ; ne pas approuver en tout point cette apologie, presque constante, d’une grande compagnie, qui, si elle eut ses mérites, eut aussi ses préjugés et ses faiblesses. Dans un pareil sujet, qui comprend près de trois siècles, et qui touche à tant de questions et à des questions si délicates, les erreurs sont inévitables ; et il est juste de pardonner à l’historien quelques illusions sur la valeur des hommes et des institutions, puisque, sans cela, le courage lui eût manqué pour en entreprendre l’étude. Convenons, si l’on veut, que M. Floquet n’a pas dit tout ce qu’il y avait à dire ; qu’il y aurait lieu de refaire quelques parties de l’histoire du parlement, et surtout de celle de l’Échiquier. Il n’en restera pas moins incontestable que cet ouvrage figure au premier rang parmi ceux qui ont été consacrés à l’histoire de la Normandie, qu’une méthode plus scientifique, un plan plus régulier, eussent rebuté plutôt qu’attiré nombre de lecteurs ; qu’il a fallu un esprit bien souple et bien vigoureux et une grande puissance d’application, pour mener à bonne fin un travail aussi considérable.

  1. Voir les articles de M, Quicherat.