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donnez-moi de n’avoir point abrégé vos angoisses. Le Parlement sait tout, et vous excuse. Aujourd’hui même, les Chambres se sont assemblées à ma demande, pour statuer sur cette affaire. J’ai parlé pour vous avec toute la chaleur d’un homme qui vous estime et vous aime ; mais vos trente années de travaux et d’intégrité ont plaidé bien plus éloquemment que je n’aurais su le faire. La procédure que Martel a osé commencer contre vous est suspendue pour trois mois ; le procès relatif à l’assassinat de Zambelli est évoqué au Parlement ; Martel va être transféré à la Conciergerie. Tout me dit qu’en lui vous avez trouvé le vrai coupable ; mais où sont les preuves ? où est le corps du délit ? c’est ce qu’il faut découvrir. Dans deux jours je partirai ; j’irai sur la route de Rouen à Paris, chercher, de village en village, les traces d’un grand crime qui doit y avoir été commis. Espérons que mes soins ne seront point perdus. Instruit de tout, j’aurais dû, sans doute, vous interrompre et vous rassurer ; mais j’ai obéi à un sentiment que vous comprendrez, puisque vous êtes magistrat et père. Émeric, mon fils, et vous, Étienne Pasquier, destinés tous deux à revêtir un jour la toge ; vous, Émeric, à me succéder peut-être ; vous, Pasquier, à briller au parlement de Paris ou dans quelque autre cour souveraine, sachez que, s’il n’est permis à per-