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ou consentir à n’en jamais rien savoir, ou se résoudre à compulser longtemps ces mémoriaux et ces Olim. Tâche immense, pour laquelle un homme s’est offert, sans autre mission qu’une ardeur persistante, sans autre système que l’amour de la vérité, sans autre intérêt que le besoin du travail, sans autre mérite que la patience. Ces recherches ont absorbé plusieurs années de sa vie ; il n’y a point de regret ; car, dans ce monde d’autrefois, où, si longtemps, il lui a fallu vivre, combien de points de vue attachants sont venus reposer ses regards et ranimer son courage ! Les faits, les institutions, les personnages se sont tour à tour disputé son intérêt. »

L’Histoire du Parlement de Normandie obtint le succès qu’elle méritait. Elle valut à son auteur les éloges les plus flatteurs des personnes les plus compétentes, notamment de M. Bergasse, qui en rendit compte à l’Académie de Rouen ; de M. Jules Quicherat, qui en entretint, dans plusieurs remarquables articles, les lecteurs de la Bibliothèque de l’École des chartes : de M. Ludovic Vitet, qui ne fut que l’organe de l’opinion publique, dans le rapport qu’il présenta sur cet ouvrage à l’Académie des Inscriptions. Conformément aux conclusions de ce rapport, cette compagnie décerna à M. Floquet le premier prix Gobert, au concours des Antiquités nationales de 1843 ; l’année suivante, elle le nommait l’un de ses membres correspondants.

Venant deux ans après des marques d’estime aussi publiques et aussi flatteuses, la nomination de M. Floquet comme membre de la Légion d’Honneur (11 juin 1845), devait paraître plutôt tardive que prématurée. Ce qui en augmenta la valeur aux yeux de notre savant compatriote, ce fut de recevoir cette distinction en même temps que l’obtenait son ami et son ancien camarade, M. Léon Lacabane ; ce fut aussi d’en être redevable à M. Guizot, dont, plus que personne, il admirait les études historiques et