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Ensuite, le chancelier se levant, et promenant ses regards scrutateurs sur tous les capitulants, somme les chanoines excommuniés, suspens et interdits (si par malheur il y en avait de tels dans l’assemblee), de sortir, à l’instant, de la salle capitulaire ; il proteste énergiquement de nullité contre la part qu’ils pourraient prendre, par surprise, à l’élection qui va se faire.

Après quoi, au milieu du plus religieux silence, le doyen Masselin prononce un éloquent discours relatif à l’acte solennel qui réunit le chapitre ; il a pris pour texte ces paroles : « Seigneur, qui connaissez le fond des cœurs, montrez-nous le pontife dont vous avez fait choix. »

Ces paroles furent celles des apôtres réunis pour élire un successeur à l’un deux qui venait de mourir ; quelles autres pourrait mieux convenir à l’élection d’un évêque ? La pathétique allocution du vieillard a fait sur tous les auditeurs une impression profonde ; émus de ce qu’ils viennent d’entendre, la gloire de Dieu, le bien de l’Église sont les seules choses qu’ils veulent chercher dans l’élection d’un pontife ; il ne faut plus que convenir de la forme dans laquelle ils vont l’élire. Des trois modes connus de l’église : l’élection au scrutin, l’élection par compromis, l’élection par voie d’inspiration, après que ce dernier mode a été préféré, du consentement de tous, aussitôt les